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Donation Vermorel

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Ce billet est complémentaire à celui de la journée du patrimoine :
« Culture & Patrimoine » classé dans la Catégorie « Hobbies » :
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Victor VERMOREL
Industriel de renom
Ancien sénateur du Rhône – IIIe République
Élu le 3 janvier 1909 – Fin de mandat le 10 janvier 1920 ( Non réélu )

Ville de Villefranche/Saône (Rhône)
PROCES-VERBAL DE LA SEANCE DU CONSEIL MUNICIPAL DU 19 JUIN 2006
10 – DONATION VERMOREL


Le Conseil municipal, après délibération à l’unanimité,
– décide d’accepter la donation proposée aux conditions qui ont été fixées par le donateur et acceptées par le Conseil municipal qui demande, notamment, la suppression du droit de veto qu’aurait pu conserver le donateur ;
– autorise M. le Maire à signer les actes à intervenir.
Il est à noter les interventions suivantes :
M. LE MAIRE, conformément à ce qu’il annonçait au Conseil municipal, lors de sa séance du 3 janvier 2005, Monsieur Olivier AUBOIN, héritier de la famille VERMOREL, a décidé de faire don à la Ville de Villefranche d’une partie de la propriété sise rue François Giraud.
Au cours de ces dernières décennies, les municipalités en charge des affaires de la commune, se sont constamment intéressées au devenir de cette propriété située au cœur de la ville. De leur côté, les héritiers VERMOREL ont toujours pensé que cette propriété familiale pourrait, un jour, recevoir une utilisation publique.
Cette propriété, d’une superficie totale de 28 859 m² se compose d’un parc boisé, d’un jardinpotager, d’un verger, d’une maison de maître dite Maison des Roches et de divers bâtiments annexes. La maison de maître a été édifiée à la demande de Victor et Georgette VERMOREL entre 1904 et 1909 et comprend 1 800 m² habitables répartis sur 5 niveaux. L’intérêt de ce bâtiment réside principalement dans sa conception et son agencement intérieur.
Le projet de donation porte sur une partie de la propriété.
En effet, Monsieur Olivier AUBOIN a souhaité conserver 8 653 m² de terrain situés en bordure de la rue Jean-Baptiste Martini.
Est concernée par la donation, la majeure partie de la propriété, à savoir : le parc boisé et l’ensemble des constructions, soit une superficie totale de 20 206 m² auxquels s’ajoutent divers éléments de mobiliers et collections.
En faisant don à la Ville de Villefranche de la majeure partie de sa propriété, Monsieur AUBOIN entend assurer la pérennité des lieux, du nom et de l’esprit qui anima Victor et Georgette VERMOREL. Le donateur souhaite en effet que la propriété redevienne un espace ouvert et animé faisant référence à l’esprit de ses fondateurs.
Par cette donation, la Ville de Villefranche disposera donc d’un espace paysager au cœur de la cité pourvu d’un équipement pouvant devenir un lieu d’accueil, de rencontres et d’échanges, de conservation et de transmission du patrimoine, d’animation et de diffusion scientifique et culturelle.
Les principales conditions de la donation sont les suivantes :
– Eléments mobiliers :
A conserver dans la maison VERMOREL :
– Ensemble de lustrerie du rez-de-chaussée (hall, salle à manger, salons, bureau)
– Mobilier d’origine de la salle à manger : une table à rallonges, 24 chaises, trois buffets muraux.
– Mobilier d’origine du petit salon : une table 110 x 130, six chaises, deux fauteuils, une table de jeu
– Bureau : tous les éléments de bibliothèque
– Cuisine : le grand fourneau d’origine et les placards muraux
– Deux cabinets de toilette d’origine (pour témoins) au premier étage
– Une serre à démonter et à replacer, si conservation dans la propriété.
– Un harmonium MERCKLIN à restaurer
– Un Pianola Aeolian avec sa collection de rouleaux partitions à restaurer
– Cinq tableaux : A.VERMOREL, C. BRUNARD, V. VERMOREL 2), G. PIERRE
– Une terre cuite murale (Victor Vermorel)
– Un tableau d’Alexis KREYDER (peinte de l’Ampélographie Viala-Vermorel)
– Un buste en bronze Victor Vermorel
A conserver :
– 6 plaques bronze murales rondes (3 Victor Vermorel, 3 Georgette
Pierre/VERMOREL)
– 7 reproductions bronze, procédé photostéréotomie C. GIVAUDAN
– Un ensemble de livres divers et variés (sans grande valeur patrimoniale)
– Un ensemble de partitions et livres musicaux (pour l’Ecole de Musique de Villefranche)
Déposés à la Maison du Patrimoine :
– 583 photographies (dont 376 plaques de verre) relatives à la vie locale et à celle des Etablissements VERMOREL
– Un lot de 25 décorations militaires et civiles
– Un lot de 48 médailles commémoratives
– Un lot d’archives papier sur les Etablissements VERMOREL
Bornage et clôture à la charge de la Municipalité
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M. et Mme DUBY, anciens gardiens, resteront dans la maison qu’ils occupent à titre gratuit, avec les deux garages attenants, tant que bon leur semblera, ou jusqu’au dernier vivant. Ils auront l’usage d’un morceau de terrain, comme potager, au sud-ouest.
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M. AUBOIN-VERMOREL, donateur, conserve un droit de regard et de veto sur toutes les expositions ou manifestations qui seraient envisagées.
M. Guy CLAUDEY le représentera sur place et assumera la liaison avec la municipalité.
La Municipalité, donataire, entretiendra l’ensemble en bon état, pour en préserver le caractère et l’homogénéité.
Le donataire entretiendra le caveau VERMOREL situé dans le cimetière.
Le donataire s’engage à ouvrir largement au public, les lieux d’exposition, dans les conditions habituelles de la région.
Le donataire s’interdit de disperser ou d’aliéner les souvenirs, objets familiaux et fabrications de marque VERMOREL.
Il s’engage en outre à enrichir l’exposition par des acquisitions qui rentrent dans l’objet de la donation.
Il est expressément stipulé entre les parties, qu’à défaut par le donataire d’exécuter les charges de la donation, celle-ci serait révoquée de plein droit, sauf décision contraire du donateur ou de ses ayants-droit.
Frais et charges de la donation à la charge du donataire qui s’y oblige.
M. LEBAIL se félicite de la possibilité offerte d’ouvrir une zone de verdure pour les habitants du secteur. Il se félicite également que des éléments historiques enrichissent le patrimoine notamment industriel de notre ville. Il souligne que les ouvriers ont également contribué à la constitution de l’immense fortune personnelle de Victor Vermorel et qu’il s’agit là d’un juste retour des choses.
En général, on utilise le terme de « généreux donateur » et il se déclare un peu gêné que M. AUBOIN VERMOREL ait obtenu le classement en zone constructible de plus de 8 000 m² de sa propriété. Il fait également observer que cette municipalité et les futures ne peuvent accepter un droit de veto du donateur sur toutes les manifestations. Bien entendu, il souhaite qu’aujourd’hui et demain, l’on conserve l’esprit de cette maison mais il trouve trop lourd l’imposition d’un droit de veto. En outre, il estime que l’entretien du caveau devrait être à la charge de la collectivité lorsqu’il n’y aura plus d’héritier. Il trouve tout à fait normal l’interdiction d’aliéner les objets quels qu’ils soient mais trouve contraignant l’engagement à la charge de la Ville d’enrichir la collection. Il serait préférable de laisser le choix aux municipalités futures qui feront ce qu’elles pourront.
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M. CLAUDEY, mandataire du donateur, expose aux conseillers municipaux la raison de l’absence de M. AUBOIN VERMOREL pour qui cette donation est aussi un déchirement et le trouble profondément. C’est pour cela qu’il n’est pas à Villefranche aujourd’hui et il donne lecture d’une déclaration que lui a confiée M. AUBOIN VERMOREL :
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« Monsieur le Maire Mesdames et Messieurs les Adjoints et Conseillers Municipaux,
Voici venir le temps de confier à la commune la destinée de mes deux maisons de Villefranche-sur-Saône.
La décision pour moi a été facile sur le principe, et difficile dans la pratique.
Les Roches, c’est le nom de ma propriété jusqu’à ce jour, a été la demeure de mes arrières grands-parents, Victor et Georgette Vermorel, qui avaient acheté tout d’abord la Villa Suzanne. Puis, ils ont fait bâtir, après l’avoir minutieusement conçue, ce que nous appelions la grande maison et ont aménagé aussi le parc attenant.
Ce fut ensuite la demeure de mes grands-parents, Edouard et Marcelle Vermorel, puis celle de mes parents, Suzanne et Rodolphe Auboin, pour finalement devenir la mienne.
J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 7 ans sans compter les périodes de vacances.
C’est vous dire mon attachement aux Roches qui était devenu pour moi un sanctuaire et un conservatoire à la fois du passé mais aussi du présent, car le parc et les maisons n’ont cessé d’être entretenus comme on le faisait du temps de mes ascendants.
A chacun de mes passages, la mémoire olfactive, celle des odeurs qui restent gravée dans notre cerveau, me ramène des tas de souvenirs de jeunesse.
Comme mes parents et grands-parents, j’ai toujours eu un grand respect pour le patrimoine et pour tout ce qui appartenait à la famille.
Je m’étais interdit de piller et de modifier ces lieux si chargés d’histoire, tant et si bien que cette maison est restée jusqu’ici hors du temps.
Cela aurait pu perdurer sans le travail et l’acharnement de Monsieur Guy Claudey qui depuis des années a réussi à me convaincre de le laisser compulser les archives contenues dans la maison dans un premier temps, puis, avec Monsieur le Maire, m’a convaincu d’en faire donation à la commune après avoir fait, en accord avec la mairie, un remarquable travail d’inventaire.
Cet ensemble après tout, je n’en suis que le dépositaire et j’ai le devoir de le préserver pour l’avenir, n’ayant pas d’enfant.
La tâche était rude pour moi compte-tenu de mon attachement à cette propriété, d’autant que, jusque là, je n’avais jamais vécu un déménagement.
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Finalement il est plus facile de léguer que de donner.
Maintenant, il faut considérer les choses positives.
Vous avez su, monsieur le Maire, dès notre premier entretien, éliminer un de mes soucis, primordial, celui de laisser à mes fidèles gardiens depuis 35ans, monsieur et madame Duby, la possibilité de rester dans leur logement tant qu’ils le souhaiteront et de laisser à la disposition de monsieur Duby, un petit lopin de terre pour y cultiver un potager.
Heureusement, des amis m’ont beaucoup aidé. Je pense bien sur à Guy Claudey, à monsieur et madame Duby et à Emmanuel Thiriot, ami de la famille depuis plusieurs générations et grand spécialiste des déménagements.
Ensemble, ils ont tout fait pour m’épargner.
Enfin, point le plus important, ce qui m’a soutenu et permis de persévérer dans ma démarche, a été qu’à tout moment, j’ai eu la perception de faire mon devoir de mémoire envers mes aïeux : j’étais le seul à pouvoir et devoir assumer cette tâche.
Actuellement le plus dur est fait.
L’accomplissement de cette donation va me rendre sérénité et joie d’avoir pu accomplir mon devoir vis-à-vis de ceux qui ne sont plus là et qui tous, dans les mêmes circonstances, auraient fait de même.
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Précédemment j’ai parlé de mes maisons, c’est parce que j’en suis le dernier occupant mais il ne faut surtout pas oublier tous ceux qui ont vécu et qui sont morts, ceux qui ont fait que le nom de Vermorel évoque quelques souvenirs à Villefranche.
Cette donation va vous permettre, je l’espère, grâce à vous et à vos successeurs, de faire rayonner et raviver l’Esprit des Vermorel, de faire revivre cette vieille maison de famille.
Aboutissement de plusieurs générations, elle échappera à la démolition et à l’oubli.
En restant dans de bonnes mains, elle renaîtra de sa torpeur pour revivre, servir et, qui sait, devenir un de fleurons de notre région.
Je vous confie un lourd challenge, mais avec l’aide de Guy Claudey, vous réussirez et j’essaierai, dans la mesure de mes possibilités de vous aider du mieux que je pourrai.
Je pense que cette donation va doter Villefranche d’un outil merveilleux et que Les Roches, renommé à jamais Maison Vermorel, ne restera pas qu’une agréable et vaste demeure, pour devenir un lieu d’expositions et d’évènements festifs, mais qu’elle perpétuera la pensée de Victor et Georgette Vermorel qui ont toujours su mener leur vie de telle sorte qu’ils sont restés exemplaires dans de nombreux domaines.
Vous allez pouvoir, grâce à cet outil suivre leurs traces et continuer à diffuser ce que l’on peut appeler l’Esprit Vermorel.
Je souhaite que la Maison Vermorel reste un lieu privilégié et qu’elle permette à l’ensemble de la population locale, régionale, nationale voire internationale, de véhiculer et d’échanger des idées, de les diffuser, de partager des émotions, de promouvoir l’art dans toutes ses formes, d’apprendre à voir, d’éduquer petits et grands, enfin, d’être un pôle de communication et de développement majeur et incontournable.
Quant au parc, il sera à la fois un lieu de rencontre et de fête, mais il saura aussi devenir pour tous une paisible promenade propice à la méditation et à la détente, contribuant ainsi au bien vivre des Caladois.
C’est tout cela qui me pousse à vous dire combien il me tient à cœur que cette donation soit à la fois une réussite et une continuation.
Adieu Les Roches, Vive la Maison Vermorel !
En espérant retrouver, malgré tous les aménagements que vous allez faire, ce parfum subtil qui me remémorera mes jeunes années. »
M. LE MAIRE souhaiterait que M. CLAUDEY expose au Conseil municipal ce qu’entendait M. AUBOIN VERMOREL par droit de veto.
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M. CLAUDEY rappelle d’abord que cette propriété aurait très bien pu être vendue depuis longtemps puisqu’elle avait déjà été cédée avec l’entreprise et que ce n’est qu’à la suite d’un procès gagné, que cette propriété a été rendue à la famille.
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Cette propriété a été parfaitement entretenue, toujours dans la perspective de ne pas en faire profiter, à terme, la famille Vermorel. Il y a toujours eu une volonté que la propriété DES ROCHES devienne un bien public. En ce qui concerne le caveau au cimetière, bien entendu, M. AUBOIN continuera de s’occuper de la tombe jusqu’à son décès.
En ce qui concerne le terme de veto, il est effectivement un peu fort et il ne pense pas qu’il y ait de difficulté à le retirer de l’acte de donation en le remplaçant par droit de regard ou association à la décision.
M. LE MAIRE pense qu’effectivement, ce qu’il faut, c’est continuer d’associer M. AUBOIN-VERMOREL à la définition de l’esprit de ce qui se fera dans cette maison.
M. BARRY émet les mêmes réserves que M. LEBAIL et estime quant à lui que le respect d’un veto ne tiendrait pas sur un plan juridique.
M. GUENICHON émet également les mêmes réserves. Il trouve tout à fait normal un droit de regard mais pas de veto. Il se félicite de cette donation et estime que c’est la meilleure acquisition que la Ville ait faite depuis longtemps. Il aimerait que l’on puisse avoir la garantie que cette propriété reste définitivement un parc public et que l’on ne puisse pas en changer la destination même dans un futur lointain.
M. RONZIERE reconnaît que cette donation représente une belle opportunité pour la Ville et que cet héritage nous oblige car la famille VERMOREL ainsi que les salariés ont beaucoup apporté à la ville de Villefranche. Cette donation nous permettra de ne pas oublier nos racines.
Effectivement, certaines dispositions peuvent poser question comme le droit de veto mais il faut rappeler que M. DINI conserve également un droit de regard sur l’usage de sa donation.
Il observe qu’il n’y a pas de contrainte de temps en ce qui concerne le devenir de la maison, il trouve que la condition mise pour l’ouverture au public est très intéressante pour les caladois.
Quant au devenir de la maison, il faut encore un temps de réflexion de façon à prendre en compte les contraintes économiques et financières. Il émet une réserve sur la phrase « le donataire s’engage à ouvrir largement au public les lieux d’exposition dans les conditions habituelles de la région » dont il ne comprend pas le sens. Il émet également une réserve sur l’engagement d’enrichir la collection par des acquisitions. Il faut que le donataire soit libre d’agir en cette matière.
M. CLAUDEY précise que M AUBOIN-VERMOREL n’a, en aucun cas, souhaité un véritable droit de veto ; il souhaite surtout être informé de ce qui se fera dans la propriété. Il n’a aucune volonté de contrôle de l’utilisation. En ce qui concerne la demande d’enrichir par acquisition, il ne s’agit pas d’un engagement de la Ville d’acquérir, mais de rassembler les collections Vermorel dispersées à Villefranche. Quant aux « conditions habituelles de la région », cela concerne surtout le fait de savoir si l’on veut mettre gratuit ou payant ou les horaires d’ouverture, de façon à laisser toute latitude à la Mairie, d’organiser, comme elle le souhaite, l’ouverture de ce lieu au public dans les conditions de ce qui se fait à Villefranche. Il précise également que M. AUBOIN VERMOREL demande que la propriété Des Roches s’appelle désormais maison VERMOREL.
M. AUBOIN VERMOREL souhaite également garder, pendant un an au maximum, l’usage d’une pièce au second étage pour stocker les œuvres dont il n’a pas encore décidé de la destination. Il précise aussi que M. AUBOIN-VERMOREL est le dernier descendant de sa lignée.
M. LE MAIRE déclare qu’il souhaiterait ouvrir la propriété pour la journée du Patrimoine 2006 en présence, peut-être, de M. AUBOIN-VERMOREL. Dans l’immédiat, il n’y aura pas de gros travaux d’effectuer en 2006 et 2007 mais que, doit se mettre en place, un groupe de travail à compter du mois de septembre avec tous ceux qui le souhaitent, afin de faire des propositions sur les animations futures qui pourront être organisées dans la propriété Vermorel sans qu’il y ait à ce jour de contraintes de temps.
M. RONZIERE déclare qu’il ne voit pas de difficultés à ce que M. AUBOIN-VERMOREL conserve un droit de regard sur le devenir de la propriété et renouvelle la reconnaissance de son groupe et de la population caladoise à l’égard de M. AUBOIN-VERMOREL pour cette donation.
M. DUCRAY félicite M. le Maire et M. CLAUDEY d’avoir mener à bien cette opération  importante qui permet la création d’un grand espace vert alors que l’on reproche au premier magistrat de trop « bétonner » la ville.
Il rappelle que Villefranche, entre le 19ème et le 21ème siècle, s’est beaucoup transformée et qu’elle a perdu ses fleurons industriels. Cette donation marque la transition entre Villefranche, ville industrielle et Villefranche, ville de services. Il souligne aussi que les établissements Vermorel étaient un point fort de l’activité syndicale à Villefranche, avec le souvenir des grandes grèves notamment en 1905. Il faudra faire vivre cette maison et associer M. AUBOIN-VERMOREL à ce comité de réflexion par l’intermédiaire de M. CLAUDEY. Il espère que la Ville de Villefranche saura se montrer à la hauteur de cette importante donation.
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M. CHARRIN se déclare heureux de voir aboutir cette donation d’une propriété qu’il a souvent longée quand il était enfant. Aujourd’hui, on se montre beaucoup plus attaché à l’héritage industriel que l’on essaye de faire vivre. Il précise qu’il souhaiterait faire partie du comité chargé de réfléchir au devenir de la propriété.
M. BURNICHON estime qu’il s’agit là d’un aboutissement. Il a conscience de la grande dimension émotionnelle de cette donation pour M. Olivier AUBOIN–VERMOREL qu’il remercie aujourd’hui.
M. LEBAIL précise que ses principales réserves étant levées, il votera pour cette donation. M. CLAUDEY rappelle que M. AUBOIN-VERMOREL ne souhaite pas que la maison devienne un musée Vermorel ; ce qu’il souhaite, c’est qu’il règne dans cette maison, l’esprit des fondateurs plutôt qu’un panégyrique à la gloire de la famille Vermorel.
M. LE MAIRE rappelle que cette propriété pourrait être ouverte pour la journée du Patrimoine ; le comité se mettra en place au mois de septembre en liaison avec M. CLAUDEY. Il est heureux aujourd’hui que l’on aboutisse à la conclusion et qu’il s’agira pour ses successeurs de faire vivre cette donation qui représente une forte charge émotionnelle pour les plus anciens habitants de la Ville puisqu’elle rappelle les évolutions qu’a subies la cité qui sont celles de la vie. Et l’important, c’est que l’esprit des fondateurs perdure et que cela serve de point de repère et de lieu de mémoire.
Il remercie M. AUBOIN-VERMOREL et associe également tous les caladois qui ont travaillé dans cette usine dont son père qui y fut ouvrier et contraint au travail obligatoire pendant la guerre malgré les efforts de M. VERMOREL pour essayer d’y soustraire le plus grand nombre possible de ses salariés.

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