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Nos arbres & Jacques Brosse

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« La graine porte en elle le potentiel de l’arbre,
mais elle doit aller puiser les qualités de sa croissance dans la nature,
dans les éléments basiques à disposition de tous,
dans la réalité présente. »

LUNG TA ZEN lungtazen.wp >>> http://twitter.com/ZemTse
(http://23m3m824nc3.wordpress.com/)

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Jacques Brosse : « Je puise ma force dans les arbres » son portrait

Extraits d’un entretien avec Jacques Brosse
du magazine Terre Sauvage (n°171 Avril 2002)

T.S. – Jacques Brosse a mené plusieurs vies, toutes bien remplies.
……….Cet écrivain-encyclopédiste, catholique et moine Zen,
……….est psychanalyste et historien des forêts.

Il a accordé dans sa maison du Périgord, un entretien consacré aux arbres. Pourquoi les hommes, après les avoir tant adorés, les détruisent-ils avec une telle frénésie ? Y a-t-il encore de l’espoir ?

T.S. – Les arbres ont, semble-t-il toujours fait partie de l’homme. Pourquoi sont-ils à l’origine de tant de nos mythologies ?

J.B. -…C’est comme si l’image de l’arbre faisait partie de l’inconscient humain. Comme je l’ai écrit dans Mythologie des arbres, il y a bien un arbre cosmique, quasiment créateur. Cet axe du monde qui survit par exemple dans le mythe d’Yggdrasill – un frêne géant – à la catastrophe finale, où même les dieux disparaissent. Il n’y a plus rien, mais de l’arbre pourtant, tout renaît. Un couple humain finit par en sortir, réplique des premiers hommes.

T.S. – On trouve la présence de cet arbre cosmique dans toutes les civilisations anciennes, aussi bien en Mésopotamie que chez les anciens Mexicains. Pourquoi est-ce à ce point universel ?

J.B. – Parce que l’arbre est un médiateur fondamental, exemplaire, entre le ciel et la terre. Il est plus grand qu’un homme, vit plus longtemps que lui et il a un côté protecteur. Mais il ne faut pas oublier son utilité. L’arbre a longtemps servi à tous les usages. Nous parlons de la civilisation de la pierre, mais il faudrait bien davantage parler de l’âge du bois…

T.S. – Il y a une autre dimension. Vous évoquez dans vos travaux des arbres prodigieux, comme ces chênes vénérés par les Germains, dont certains pouvaient avoir 2 000 ans. Des arbres pareils devaient être impressionnants !

J.B. -…. J’ai vu un cyprès mexicain, dans la vallée de Oaxaca, qui a peut-être 6 000 ans. Il est considéré comme la divinité tutélaire d’un peuple de la région Il est gigantesque et il y a une trentaine d’années, il a commencé à dépérir. La population a obtenu du gouvernement tout un système d’irrigation qui l’a sauvé. Pourquoi l’ont ils obtenu ? Parce que c’est arbre était leur ancêtre ! Ils savaient que s’il mourait, la tribu disparaîtrait….

T.S. – Les arbres auraient donc une âme ?

J.B. – Il faut bien le croire ! Rainer Maria Rilke prenait ses forces contre un arbre et je sens moi aussi cela… Effectivement la vitalité repart. C’est peut-être imaginaire mais je n’en suis pas sûr.

T.S. – Les arbres sont donc au cœur de la civilisation humaine. Mais en même temps, subissent d’immenses destructions, surtout depuis quelques décennies. Comment la France a-t-elle perdu ces forêts impénétrables dont se plaignaient tant les Romains ?

J.B. – La forêt était l’alliée des Gaulois qui s’y dispersaient et s’y cachaient. La Provincia romana, la Provence était déjà très déboisée. Mais quand on remontait vers le nord-est on trouvait d’immenses forêts, vraiment effrayantes. Dans les Ardennes de l’époque, on pouvait marcher pratiquement des mois sans quitter la forêt qui se poursuivait dans l’actuelle Forêt -Noire. Ces forêts avaient un caractère sacré, y compris dans la formation des Druides, qui se déroulait exclusivement en forêt.

T.S. – Peut-on dater le passage à la destruction massive ?

J.B. – Je pense que ça a commencé avec l’industrie. Au Moyen Age on installait dans les forêts les verreries qui étaient grandes consommatrices de bois. Toutes les forêts de hêtres ont disparu sous forme de verre… ce désastre c’est ainsi étendu à l’ensemble du pays.

T.S. – Heureusement que Colbert est arrivé !

J.B. – Absolument. Ce fut l’un des grands hommes de nos forêts avec Louis XIV …Le constat de leur terrible dégradation sera à l’origine de l’ordonnance de 1669 destinée à les protéger. (Il n’y avait plus de futaies pour les mâts et les membrures des bateaux de la Marine royale.)
…Mais je reviens aux destructions : leur deuxième cause majeure fut la Révolution Française et la vente des biens du Clergé qui possédait une grande partie des forêts de l’époque. Les acquéreurs n’étaient pas de pauvres paysans mais souvent de grands négociants, car il y avait un immense marché, celui du charbon de bois . C’est seulement vers 1860 qu’on a commencé à utiliser « le charbon de terre ».
(deuxième sursaut, après celui de Colbert, celui de l’Ecole de Nancy sous l’influence de l’école forestière allemande).

T.S. – Un siècle et demi plus tard, officiellement, la forêt se porte bien et sa surface ne cesse d’augmenter. Faut-il le croire ?

J.B. – Grâce à un retour à la foret mixte (aberration de la monoculture démontrée par les désastres de 1999) et l’évolution des forestiers qui considèrent qu’il faut se détourner désormais vers une gestion écologique des forêts…. Il s’agirait de se rapprocher de la forêt primitive avec ses différents niveaux d’arbres et d’arbustes, refuges pour la vie animale.

T.S. – En somme grosso modo, le bilan serait rassurant pour la France. Tant mieux ! Mais dans le monde ?

J.B. – Je pense qu’il faut être clair. Qui exploite la forêt mondiale ? Des sociétés multinationales dépourvues de toute éthique, de nos préoccupations écologiques qui détruisent des forêts pour y récupérer quelques arbres précieux. C’est terriblement choquant: ils désertifient des régions entières et, bien sur sans le moindre profit pour les habitants. Il y a là une atteinte à l’ordre naturel et aussi humain qui est proprement intolérable.

T.S. – Le rythme des destructions, de l’Asie à l’Amazonie de l’Afrique à la Russie est hallucinant. Ne va-t-il rien rester ?

J.B. – Je n’arrive pas à être trop pessimiste. On va bien s’apercevoir que les choses ne peuvent pas durer ainsi….

T.S. – Sur un plan psychologique qu’est-ce que celà signifie ? Comment peut-on passer en quelques centaines d’années de la vénération à cette extrême violence ?

J.B. – Je crois qu’il faut évoquer quelque chose qui a toujours existé, une sorte de dimension sadique dans les relations de l’homme à la nature … Et puis il faut bien parler du poids de nos traditions chrétiennes qui tiennent la nature pour pécheresse…
(il y a aussi cette peur ancestrale : J. Brosse parle de l’ambivalence de nos mythes la forêt à la fois protectrice et négative celle qui évoque le dieu Pan : La forêt primaire n’est pas le paradis, elle est aussi menaçante quand elle est impénétrable …)

Jacques Brosse évoque ensuite son expérience bouddhiste qui demande à protéger l’homme bien sûr, mais aussi toutes les espèces vivantes. Il poursuit par les récits de ses voyages qui l’ont amené à rencontrer des populations indiennes et les traditions chamaniques archaïques « où on ne tue jamais si on n’a pas faim. Et l’on s’excuse auprès de la bête. Or il s’agit là de gestes qui étaient universels… »)

T.S. – Vous avez une relation toute personnelle aux arbres. Ils sont essentiels à votre vie ?

J.B. – C’est le mot… Les arbres, les oiseaux, sont pour nous absolument essentiels. Un arbre peut donner des leçons de vie. Il est en fait rythmé par les saisons-surtout les feuillus- mais avec une espèce d’adhésion à la chose. …

T.S. – Pensez-vous à certains arbres comme à des individus ?

J.B. – Tout à fait ! Les hommes qui vénéraient jadis des arbres sacrés savaient parfaitement que certains arbres ne se présentent pas de la même manière que les autres. …..

T.S. – Pour conclure, pourrait-on imaginer de renouer, au moins en partie avec ce lointain passé mythologique, quand nous aimions vraiment les arbres ?

J.B. – Le retour à l’origine peut désormais ne plus être considéré comme un refus du progrès. Je pense même que l’écologie et la mythologie coïncident. Dans les forêts naturelles, on retrouve en fait, l’ordre des forêts mythologiques. En les protégeant, en les recréant, on fermerait la parenthèse de leur industrialisation forcenée. Zen vient du mot chinois tch’an, lequel reflète le mot sanscrit indien dhyäna , qui signifie méditation et contemplation. C’est là ce que j’enseigne.
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« Cette jolie idée de Saint-Pol-Roux
que les arbres échangent des oiseaux comme des paroles. »

Jules Renard 1864-1910 – Journal (7 mai 1894)

En hommage, en espérance, et en conclusion à mes billets à venir sur l’Amazonie …
*DoMica*

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L’énergie des arbres

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Je suis allée à la rencontre de LUNG TA ZEN, sur Facebook,
et voici son cadeau :
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LA MAIN OUVERTE
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par Frédéric Baylot, jeudi 20 janvier 2011
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Lorsqu’elle vient à vous, c’est l’espoir qui rayonne
car vous n’êtes plus seul, c’est une main qui donne ;
Sa chaleur vous apaise et la main fraternelle
réalise pour vous le miracle du ciel :
Cet ami qui vous soigne en cette communion
va, dans l’Amour divin, vivre une création ;
son être tout entier reçoit de l’Univers
les forces que sa main redonne sur la Terre.
Cette main de Lumière, elle est notre secours ;
elle est cette occasion que l’on vous donne un jour
de comprendre que l’Homme est toujours, en tout lieu,
solidaire de l’homme en sa marche vers Dieu !
Quand le mal est en vous et que la main se tend,
elle fond la douleur de son rayonnement.
Alors la peur s’en va ; on renaît à la vie !
On respire à nouveau, on veut aimer aussi !
La pensée qui s’élève et la paix dans les yeux
sont le plus grand merci. L’échange est merveilleux !
Il faut connaître enfin sa source d’Énergie :
Elle vit par l’Amour, cette main qui guérit.

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Ecoutons Francis Hallé nous parler des arbres :
« Sans les arbres nous ne serions pas des êtres humains. »

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Avec Francis Hallé, Essayons de comprendre ce qu’est une forêt primaire
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http://domica25.wordpress.com/les-gens-de-la-foret/
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