Parc Tête d’Or – Poèmes au jardin

15 Août 2007 visite au Parc de la Tête d’Or à Lyon


Grande serre


l’hortico


smart


Alaucasia


Opuntia – Figuier de Barbarie


les nénuphars et le jardin alpin


Nénuphar géant de Bagdad – à droite blanc et rouge : Clérodendron


Dionaea


Népentes – Rendez-vous chez Domica Free pour un article complet sur les plantes carnivores


Araucaria

            Poêmes au jardin

Invocation à Vénus

Mère des fils d’énée, ô délices des Dieux,
Délices des mortels, sous les astres des cieux,
Vénus, tu peuples tout : l’onde où court le navire,
Le sol fécond : par toi tout être qui respire
Germe, se dresse, et voit le soleil lumineux !
Tu parais… A l’aspect de ton front radieux
Disparaissent les vents et les sombres nuages :
L’Océan te sourit ; fertile en beaux ouvrages,
La Terre étend les fleurs suaves sous tes pieds ;
Le jour brille plus pur sous les cieux azurés !
Dès qu’Avril reparaît, et, qu’enflé de jeunesse,
Prêt à porter à tous une douce tendresse,
Le souffle du zéphir a forcé sa prison,
Le peuple aérien annonce ta saison :
L’oiseau charmé subit ton pouvoir, ô Déesse ;
Le sauvage troupeau bondit dans l’herbe épaisse,
Et fend l’onde à la nage, et tout être vivant,
À ta grâce enchaîné, brûle en te poursuivant !
C’est toi qui, par les mers, les torrents, les montagnes,
Les bois peuplés de nids et les vertes campagnes,
Versant au coeur de tous l’amour cher et puissant,
Les portes d’âge en âge à propager leur sang !
Le monde ne connaît, Vénus, que ton empire !
Rien ne pourrait sans toi se lever vers le jour :
Nul n’inspire sans toi, ni ne ressent d’amour !
À ton divin concours dans mon oeuvre j’aspire !…

A. Rimbaud
Externe au collège de Charleville (1869)


Soleil & chair

I
Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l’amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte !

– O Vénus, ô Déesse !
Je regrette les temps de l’antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux
Et dans les nénuphars baisaient la Nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !.
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante,
La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !

Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d’airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.

– Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux.

Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreille closes.
– Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l’Homme est Roi,
L’Homme est Dieu ! Mais l’Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l’homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S’il n’avait pas laissé l’immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l’immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l’écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l’amour dans les coeurs !

II
Je crois en toi ! Je crois en toi ! divine mère,
Aphrodite marine ! – Oh ! la route est amère
Depuis que l’autre Dieu nous attelle à sa croix ;
Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c’est en toi que je crois !
– Oui, l’Homme est triste et laid, triste sous le ciel vaste,
Il a des vêtements, parce qu’il n’est plus chaste,
Parce qu’il a sali son fier buste de Dieu,
Et qu’il a rabougri, comme une idole au feu,
Son corps Olympien aux servitudes sales !
Oui, même après la mort, dans les squelettes pâles
Il veut vivre, insultant la première beauté !
– Et l’Idole où tu mis tant de virginité,
Où tu divinisas notre argile, la Femme,
Afin que l’Homme pût éclairer sa pauvre âme
Et monter lentement, dans un immense amour,
De la prison terrestre à la beauté du jour,
La Femme ne sait plus même être Courtisane !
– C’est une bonne farce ! et le monde ricane
Au nom doux et sacré de la grande Vénus !


III

Si les temps revenaient, les temps qui sont venus !
– Car l’Homme a fini ! l’Homme a joué tous les rôles !
Au grand jour, fatigué de briser des idoles
Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux,
Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux !
L’idéal, la pensée invincible, éternelle,
Tout ; le dieu qui vit, sous son argile charnelle,
Montera, montera, brûlera sous son front !
Et quand tu le verras sonder tout l’horizon,
Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
Tu viendras lui donner la Rédemption sainte !
– Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L’Amour infini dans un infini sourire !
Le Monde vibrera comme une immense lyre
Dans le frémissement d’un immense baiser
– Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


IV

O splendeur de la chair ! ô splendeur idéale !
O renouveau d’amour, aurore triomphale
Où, courbant à leurs pieds les Dieux et les Héros,
Kallipyge la blanche et le petit Éros
Effleureront, couverts de la neige des roses,
Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses !
– O grande Ariadné, qui jette tes sanglots
Sur la rive, en voyant fuir là-bas sur les flots
Blanche sous le soleil, la voile de Thésée,
O douce vierge enfant qu’une nuit a brisée,
Tais-toi ! Sur son char d’or brodé de noirs raisins,
Lysios, promené dans les champs Phrygiens
Par les tigres lascifs et les panthères rousses,
Le long des fleuves bleus rougit les sombres mousses.
– Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant
Le corps nu d’Europé, qui jette son bras blanc
Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague
Il tourne lentement vers elle son oeil vague ;
Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur
Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt
Dans un divin baiser, et le flot qui murmure
De son écume d’or fleurit sa chevelure.
– Entre le laurier-rose et le lotus jaseur
Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur
Embrassant la Léda des blancheurs de son aile ;
– Et tandis que Cypris passe, étrangement belle,
Et, cambrant les rondeurs splendides de ses reins,
Étale fièrement l’or de ses larges seins
Et son ventre neigeux brodé de mousse noire,
– Héraclès, le Dompteur, qui, comme d’une gloire
Fort, ceint son vaste corps de la peau du lion,
S’avance, front terrible et doux, à l’horizon !

Par la lune d’été vaguement éclairée,
Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée
Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
Dans la clairière sombre, où la mousse s’étoile,
La Dryade regarde au ciel silencieux….
– La blanche Séléné laisse flotter son voile,
Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon…
– La Source pleure au loin dans une longue extase…
C’est la nymphe qui rêve, un coude sur son vase,
Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé.
– Une brise d’amour dans la nuit a passé,
Et, dans les bois sacrés, dans l’horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres Marbres,
Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid,
– Les Dieux écoutent l’homme et le Monde infini !

Arthur Rimbaud mai 70
– Texte du recueil confié à Paul Demeny, fac-similé Messein.
– Voir aussi la version "Credo in Unam" de la lettre de Rimbaud
à Théodore de Banville, 24 mai 1870.
– Première publication dans Le Reliquaire, éditeur Genonceaux, novembre 1891.

Une rose rouge rouge rouge rouge de printemps
Sur un blanc corsage sage sage sage de vingt ans
Vient de fleurir le long d’un champ de blé
Ce n’est qu’une enfant que l’amour fait rêver
Sur la route blanche blanche blanche blanche ensoleillée
Un nuage danse danse danse danse au vent léger
C’est une troupe qui s’avance au pas
Vers le vieux village que l’on voit là-bas
C’est l’été, le ciel bleu est en fête
Et les coeurs sont légers légers sous le soleil
C’est l’été qui fait perdre la tête
Car aujourd’hui l’amour l’amour est en éveil

Une rose rouge rouge rouge rouge s’est donnée
Et le blanc corsage sage sage sage a frissonné
Près du garçon qui ce beau soir d’été
Osa le premier sourire à sa beauté

Sous la lune blanche blanche blanche blanche un baiser
Le temps d’une danse danse danse danse fut osé
On lisait dans les yeux des autres gars
Le regret de ne pas être celui-là
C’est l’été et dans le ciel en fête
La nuit a fait briller ses feux follets
C’est l’été qui fait perdre la tête
Car aujourd’hui l’amour l’amour s’est éveillé

Une rose rouge rouge rouge rouge s’est fanée
Et le blanc corsage sage sage sage abandonné
Est resté seul au bord du champ de blé
Ce n’est qu’une enfant que l’amour fait pleurer
Sur la route blanche blanche blanche blanche et désolée
Un nuage danse danse danse danse au vent léger
C’est une troupe qui s’en va déjà
Quittant le village que l’on voit là-bas
C’est l’été qui laisse solitaire
Un pauvre coeur blessé blessé pensant tout bas
Qu’un été, un beau jour de lumière
Peut-être que l’amour l’amour lui reviendra

Francis Lemarque


heliconia


Dominique aujourd’hui présente

Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n’y perd et nul n’y gagne

Les sentiments à la dérive
Et l’effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L’avenir en butte à demain

Les mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le vent

Muscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le coeur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant

Tu es venue l’après-midi crevait la terre
Et la terre et les hommes ont changé de sens
Et je me suis trouvé réglé comme un aimant
Réglé comme une vigne

A l’infini notre chemin le but des autres
Des abeilles volaient futures de leur miel
Et j’ai multiplié mes désirs de lumière
Pour en comprendre la raison

Tu es venue j’étais très triste j’ai dit oui
C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde
Petite fille je t’aimais comme un garcon
Ne peut aimer que son enfance

Avec la force d’un passé très loin très pur
Avec le feu d’une chanson sans fausse note
La pierre intacte et le courant furtif du sang
Dans la gorge et les lèvres

Tu es venue le voeu de vivre avait un corps
Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres
Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glacons
Comme un oeil qui voit clair

L’herbe fine figeait le vol des hirondelles
Et l’automne pesait dans le sac des ténèbres
Tu es venue les rives libéraient le fleuve
Pour le mener jusqu’à la mer

Tu es venue plus haute au fond de ma douleur
Que l’arbre séparé de la forêt sans air
Et le cri du chagrin du doute s’est brisé
Devant le jour de notre amour

Gloire l’ombre et la honte ont cédé au soleil
Le poids s’est allégé le fardeau s’est fait rire
Gloire le souterrain est devenu sommet
La misère s’est effacée

La place d’habitude où je m’abêtissais
Le couloir sans réveil l’impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d’un feu battant des mains
L’éternité s’est dépliée

O toi mon agitée et ma calme pensée
Mon silence sonore et mon écho secret
Mon aveugle voyante et ma vue dépassée
Je n’ai plus eu que ta présence
Tu m’as couvert de ta confiance.

Ecrit en 1950 par Paul Eluard

A Bientôt …
– Retrouvez toutes les photos de cette visite au Parc chez Connexe : lien sur la Porte d’entrée !
* Domica *

Le plan du Parc
Le jardin zoologique de Lyon vous présente la plaine africaine ouverte en Octobre 2006
Les zoos dans le monde – dont celui de Lyon
Présentation du Parc de la Tête d’Or sur Wikipédia
Des photos du Parc

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4 réponses à “Parc Tête d’Or – Poèmes au jardin

  1. merci pour ce reportage très bien fait Domica …. tu es vrai journaliste ……
    Le parc de la Tête d\’Or … on y va cet après-midi avec Domi. J\’y ai passé tellement de  temps dans ma jeunesse (nous vivions aux Brottaux), que j\’ai besoin d\’y retourner deux ou trois fois dans l\’année. Mon endroit préféré est la roseraie et le lac. Ton gendre travaille à l\’aquarium de Lyon ???
    Ton retour sur Villefranche s\’est bien passé ??? tu as mis à jour ton courrier de ministre ???? lolll Nous, nous partons le 3 sept. 8 jours à Morzine … j\’ai hâte ………… 
    Si un jour tu vas à Connexion, mon fiston est au rayon télé … tu verras ……… c\’est le plus beau ………. hihihiiiiiiiiiii, c\’est la maman qui parle ………!!!! il s\’appelle Sylvain. Pour Noêl Domi nous a offert une un magnifique grand écran qui fait aussi radio et chaine hifi …… un régal pour les yeux et les oreilles ….
    Je vais te laisser et te souhaite un bon dimanche Domica.
    gros bisous (je n\’ai pas eu ton adresse e-mail dans ton dernier message …)
    A bientôt
    Pascaline

  2. Coucou ma Domi
    heureuse de retrouver mon clavier ainsi que tous mes amis! me suis pas envolée avec une étoile filante…non non !! mdr
     dur dur de reprendre le cours des choses apres 3 semaines d\’absence!!!
    rentrée samedi mais avec tout le rangement à faire et la fatigue par dessus tout, le courage n\’y était vraiment pas!
    ça fait vraiment chaud au coeur de voir tous ces messages laissé durant mon absence…ce fut autant de pensées de mon coté!
    alors te voilà dans les travaux avec Domi cette fois…tu vas avoir un bien beau bureau…tu me diras!
    j\’espere que ces jours passés ont été des plus agréables!
    pour ma part je te raconterai par mail ce séjour des plus agréables…ainsi que toutes les découvertes fabuleuses!
     
    pour ma nouvelle étoile, je vais bien la guetter mais avec ce ciel qui n\’en fini pas de couler, ça va etre dur!! lol
     ne t\’impatiente pas ma Domi…le mail sera certainement pour la semaine prochaine, trop peu de temps pour moi cette semaine!
    je pense bien à toi et te fais tout plein de gros calinoux
    bisous ma Domi adorée et bisous à Domi 2
    à tres vite
    No\’ps: je viens de visionner tes derniers billets avant de coller mon com….trop trop beau toutes ces photos, vraiment digne de cartes postales! j\’adore! je reviendrai m\’attarder un peu plus une prochaine fois! 

  3. là, je souris, car nous avons du nous écrire à peu près en même temps !!!
    morand n\’a pas sa picasso pendant deux jours au moins, alors là il tourne en rond !!! bises !!! 

  4. coucou domica,
    waouahhh les stars !!! il est splendide ton reportage domica !!!
    j\’adore les nénuphars !!! ces fleurs aquatiques m\’ont toujours fascinée !!!!
    "un petit train qui court dans la montagne, ce petit train s\’en va de bon matin, lalalala…. !!!" fait sombre ici ce matin, nous avons la pluie qu\’il y avait à paris hier !!! comme d\’hab !!! mais je n\’ai rien entendu de l\’orage prévu pour la nuit !!! ouf !!! je te fais de gros bisous et te souhaite une bonne journée domica avec ton domi !!!!
     
     

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